TAGHYIR prend l'écran et la parole
TAGHYIR prend l'écran et la parole
Ces dernières semaines, le documentaire TAGHYIR « Pour une économie régénératrice » a voyagé du Kef à Aïn Draham, pour finir au Théâtre El Hamra de Tunis, il a porté avec lui les voix, les visages et les récits de celles et ceux qui, au quotidien, inventent d'autres façons de produire, de coopérer et de vivre ensemble.
Dans le cadre de la collaboration avec le Club Mosaïque et le Festival Mosaïque, une projection du film TAGHYIR a été organisée le 1er avril au profit de 20 étudiants de l'ISET du Kef. Une salle jeune, curieuse, et pour beaucoup peu familière avec les réalités de l'Économie Sociale et Solidaire et c'est précisément ce qui a rendu ce moment précieux. Parce que le film a reflété une expérience : des visages, des voix, des initiatives filmées au plus près du terrain, qui parlent avant même que les concepts ne soient posés sur la table.


Et les concepts sont venus, naturellement, dans le débat qui a suivi. Qu'est-ce que l'ESS concrètement ? Comment une coopérative, une association, une femme artisane, un.e agriculteur.rice s'inscrivent-elles dans ce modèle ? Qu'est-ce que ça change, sur le terrain, pour un territoire comme le Kef ? Les étudiants.es, habituellement spectateurs des grandes problématiques du développement, se sont retrouvés acteurs d'une conversation ancrée dans le réel, preuve que TAGHYIR avait fait son travail : rendre visible ce qui existe, et donner envie d'y prendre part.
À Aïn Draham, le 14 avril, la projection de TAGHYIR a servi de point de départ un support vivant, ancré dans les réalités du terrain, pour lancer le dialogue autour du nouveau mécanisme territorial du Nord-Ouest. Malgré des conditions météorologiques difficiles, 35 participants ont fait le déplacement. Agriculteurs et agricultrices, artisan.es, acteurs de l'agroalimentaire, de l'écotourisme, porteurs et porteuses d'initiatives sociales et inclusives : la diversité des personnes présentes a nourri des échanges riches, pluriels, portés par des expériences et des attentes très différentes. Trois étudiants.es de master, dont les travaux s'inscrivent directement dans la dynamique territoriale de TAGHYIR, étaient également de la partie la preuve que le film, comme le projet, sait aussi parler aux chercheurs et chercheuses qui regardent le territoire avec les yeux de la curiosité et de l'engagement.


Le 16 avril, le film a terminé son voyage là où les conversations se poursuivent longtemps après que les lumières se rallument au Théâtre El Hamra de Tunis. Ce soir-là, la salle a mélangé les mondes société civile, partenaires institutionnels, acteurs et actrices de l'ESS, étudiants, curieux et curieuses du grand public.


Avant le film, quelques mots pour poser le cadre pour rappeler pourquoi ce documentaire existe, ce qu'il porte, et comment il a été construit. Avec les gens, par les gens, pour les gens. Puis l'écran s'est allumé, 25 minutes, des images filmées, des voix brutes, des regards directs, c'est la réalité telle qu'elle est en Tunisie, au Maroc portée par des femmes, des jeunes, des coopératives qui, chaque jour, inventent d'autres façons de faire et de vivre ensemble. Ce genre d'authenticité ne laisse pas indifférent.

Marco Antonio, Responsable des Programmes au Bureau de Coopération espagnole en Tunisie, a pris la parole à l'issue de la projection pour saluer l'initiative et réaffirmer l'engagement de la coopération espagnole aux côtés de ces dynamiques de transformation sociale un soutien qui, derrière les mots, se traduit concrètement sur les territoires.
Puis Azza Malouche (Shanti) a ouvert le débat, avec Mehdi Baccouche (Shanti), Maher Omrani (Ftartchi) et Souad Khalouli (UGTT) autour de la table. Quatre ans de projet passés au cribles : les réussites, les défis du quotidien, les questions de durabilité et de gouvernance qui restent ouvertes. Et quand le micro est passé dans la salle, c'est là que la soirée a vraiment pris vie parce que c'est souvent dans ces moments-là, informels et sincères, que les choses les plus importantes se disent.
Trois projections, trois espaces, une vision partagée


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